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CLUB DE LECTURE 2016/2017

05 Jul

Au cours de cette année de lecture, notre Club de Lecture en français a tenté avant tout de rétablir une parité, dans la mesure du possible, quant  aux auteurs choisis afin de mettre en lumière la richesse de la littérature française, tout en explorant l’univers d’auteures trop souvent laissés pour compte.

Voici un résumé des œuvres et des auteurs que nous avons lu cette année, avec plus ou moins de succès mais toujours avec un intérêt certain envers ce que le texte cache de prime abord.

L’ingratitude de Ying Chen

L’ingratitude est le troisième roman de Ying Chen paru en 1995. Écrivaine Canadienne d’origine chinoise mais écrivant en français, elle fait partie de la deuxième génération du phénomène des « écritures migrantes ». Ce roman  lui vaut le prix Québec-Paris décerné en février 1996 ainsi que le prix des lectrices de la revue Elle-Québec.

Le roman que nous avons lu laisse par le titre entrevoir que cette œuvre  est un amas de reproches et d’insatisfactions, de choses non dites et de frustrations. Une personne ingrate est celle qui bel et bien ne sait pas reconnaitre ce que la vie lui donne ou bien ce que lui offrent les personnes qui l’entourent. Le titre dresse une ébauche  de ce que le roman développera au cours de la narration.

La protagoniste et narratrice du roman est une jeune femme chinoise de vingt-cinq ans, nommée Yan-Zi, et qui se sent asphyxiée par son environnement familial et par une mère sévère et autoritaire. La jeune femme décide de se suicider, moins par désespoir dans l’objectif d’échapper au contrôle de sa mère et de lui infliger ainsi une sorte de pénitence envers les principes trop rigides et cette main de fer qu’elle a toujours exercer sur a fille et qui l’étouffe. Ce n’est qu’une fois morte par concours de circonstance et non pas par suicide, que la narratrice se livre à une réflexion bouleversante sur sa vie et sur les lois implicites qui régissent cette société.

Long métrage documentaire sur l’écrivaine chinoise, « Voyage illusoire » par Georges Dufaux, 1997, 52mn.: https://www.onf.ca/film/voyage_illusoire/


La femme indépendante de  Simone de Beauvoir

Nous avons lu «  La femme indépendante » qui  est une partie du deuxième tome de l’œuvre Le deuxième sexe. Cette ouvre a été très intéressante mais aussi quelque peu difficile à analyser car le contenu philosophique nécessitait de la part de nos lecteurs/lectrices un effort supplémentaire d’attention.

Publié en 1949, Le Deuxième sexe  de Simone de Beauvoir est écrit dans un contexte où les suffragettes ont réussi à obtenir le droit de vote depuis 1944. L’auteure tente de démontrer par quel mécanisme les femmes sont placées dans une situation d’infériorité par rapport aux hommes. Son projet : faire toute la lumière sur celles qui constituent, selon la formule de Freud, « le continent noir », définir la condition de la femme à son époque.Elle prône l’égalité entre les sexes dans la société. Très décrié, son livre se vend à 22 000 exemplaires en une semaine ! Le Vatican décide même de le mettre à l’Index (de l’interdire aux catholiques, en clair) notamment parce qu’elle y défend le droit des femmes à l’avortement, qui est considéré comme un homicide dans les années 50.

 De l’accord des philosophes contemporains, Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir est une œuvre révolutionnaire, car elle est la première féministe qui parvient à justifier ses positions par des thèses philosophiques et historiques. Cette ouvre aura  une influence considérable sur les générations de femmes qui lui ont succédées.


Le nœud de vipères de François Mauriac

En  1932, François Mauriac  écrit Le nœud de vipères qui est en quelques sortes les dernières volontés d’un homme au seuil de sa mort.  Louis, soixante-huit ans, rédige à l’intention de sa femme Isa, une lettre qui devra être découverte dans le coffre-fort… vide, après sa mort qu’il pressent proche. Comme dans toute lettre, Louis s’y dévoile et dresse un portrait de lui peu à son avantage, en même temps, il y peint, sans complaisance, la cruauté quotidienne et feutrée d’une famille bourgeoise. Quarante ans après son mariage, cette lettre, destinée à trôner à la place des titres convoités, devient le récit d’une vengeance longuement élaborée et la peinture féroce de la passion de la possession.

La lecture de ce classique a donné lieu à un débat intéressant autour de l’analyse des personnages qui peuvent être vus de manière différente selon les principes et les points de vue que l’on adopte.


Monsieur Ibrahim  et les fleurs du Coran de Eric Emmanuel Smith

Écrivain français de renommée internationale, Eric Emmanuel Schmitt publie cette œuvre en 2001,faisant partie du  Cycle de l’invisible, reunissant trois contes sur l’enfance et la spiritualité ayant remporté un énorme succès sur les planches et dans les librairies (Milarepa (1997), Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2001), dont l’adaptation cinématographique signée François Dupeyron a permis à Omar Sharif de remporter son premier César en 2004, et Oscar et la dame rose (2002))

Dans les années soixante à Paris, Moïse, un petit garçon juif se prend d’amitié pour M.Ibrahim, l’épicier musulman de la Rue Bleue où il habite.

Abandonné par sa mère dès son plus jeune âge, puis par son père à l’adolescence, il acquiert, grâce à M.Ibrahim et à son Coran, les valeurs sociales et morales qui lui manquaient pour devenir adulte. Au cours d’un voyage initiatique en Turquie, le pays de M.Ibrahim, Moïse découvre la spiritualité et le bonheur.

Après la mort de M.Ibrahim, devenu son père adoptif, il hérite de l’épicerie parisienne (il devient à son tour « l’arabe du coin ») et coule une vie paisible avec la famille qu’il a fondée et auprès de sa mère qui l’a retrouvé.

Ce roman plein d’humour et de tendresse, mais qui n’oublie pas pour autant  la face cruelle de la vie, nous a énormément plu.   Nous accorderons que «Le véritable sujet d’un livre, ce n’est pas l’histoire ; c’est la façon dont cette histoire est écrite. L’écriture ne reproduit pas, elle produit quelque chose qui n’existait pas avant d’avoir été écrit.» (S.Doubrovsky).


La Chatte de Colette

Née en 1873 et de son vrai nom Sidonie Gabrielle Colette, l’auteure française est une femme d’avant-garde et sera para ailleurs la première femme à entrer à l’académie Goncourt en 1945 et à en devenir présidente en 1949.

Un couple de jeunes mariés, de bourgeoisie dorée, s’installe dans un appartement étrange et moderne au-dessus de Paris. Mais le jeune homme, avant Camille sa jeune épouse, avait une maîtresse. Et celle-ci fait retour, et réclame son droit d’inaliénable affection. Banalité ? À ceci près que la maîtresse, Saha, est une chatte admirable, et liée au jeune homme par les liens d’une connivence insondable et muette. Elle va insinuer dans le couple son ombre sûre, et le défaire. Ce pouvait être un vaudeville. C’est une tragédie que Colette conduit à son terme d’une main impitoyable, en huit chapitres fulgurants. Ou plutôt trois actes. Le premier : l’amour des deux jeunes gens, leur mariage, une vie à deux qui commence. Le second : la sourde aliénation de leur union, la jalousie de la jeune épousée, qui culmine dans le crime qu’elle commet contre la chatte préférée. Le troisième : la séparation fatale des deux époux, et le retour du jeune homme dans son jardin d’enfance, royaume des mères aimantes et de la chatte exclusive et silencieuse.

Ce récit à une forte tension dramatique et nous a permis d’ouvrir le débat sur les relations, presque humaines qui s’installent de plus en plus de nos jours  entre les êtres humains et les animaux.


Le ventre de l’Atlantique de Fatou Diome

Auteure francophone d’origine Sénégalaise, Fatou Diome publie son premier roman en 2003, Le Ventre de l’Atlantique.

Ce roman fortement autobiographique retranscrit  les croyances et ambitions du peuple africain, souhaitant rejoindre la métropole par ce trop-plein d’images idylliques que la télévision française, le foot et ceux qui reviennent au pays leur vend.

Salie vit en France et peine à joindre les deux bouts. Son frère Madické rêve de l’y rejoindre. Constant va et vient entre le Sénégal et La France, le roman dépeint avec humour mais aussi avec franchise la situation de son pays d’origine à savoir l’analphabétisme, la situation des femmes, le pouvoir des chefs spirituels. La France n’est pas pour autant épargnée en soulignant l’inégalité foncière de ceux qui, sans visa, peuvent aller en Afrique s’adonner au tourisme sexuel et toujours se comportent en parfaits colons.


Nos Séparations de David Foenkinos

David Foenkinos, né 1974 à Paris, est devenu romancier un peu par concours de circonstances : à 16 ans, il est victime d’une maladie cardiaque et passe plusieurs mois à l’hôpital. C’est sur son lit de convalescent qu’il commence à dévorer les livres, puis à peindre et à jouer de la guitare. De cette expérience, il a gardé une pulsion de vie qu’il a voulu retranscrire dans ses livres.

Fritz et Alice forment le couple fort improbable et ont reçus une éducation fort différente. Fatalement, ils vont se rencontrer, s’aimer, se détester, se déchirer, se retrouver. C’est l’histoire d’un amour universel qui est ici décrite, où l’on s’aime et on se meurtrit pour finalement comprendre l’essentiel, sans pour autant pouvoir être sûr de pouvoir réparer les erreurs du passé.

Ce récit présente toutes les images du romantisme : le coup de foudre, la demande en mariage, la maîtresse qui finit par dénoncer son amant au moment de la séparation, les engueulades et la réconciliation. Pourtant, grâce à son écriture pleine de désinvolture et d’humour, l’auteur traite ces clichés de manière efficace car il arrive à nous passionner pour cette histoire banale de couple qui s’aime et qui se sépare.

 Marie Therese Calvo

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